La jolie Lucy

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La jolie Lucy

Message  [Admin]Teinne le Dim 21 Fév - 17:05

La jolie Lucy:

La mer, l’odeur de sel qui brule les narines, le soldat John « Johnny » Smith sentait la mer sous ses pieds. La péniche de métal glissait sur l’eau, devant lui, le soldat Elliot vomissait par-dessus la rambarde. A sa droite, Peterson regardait une photo, elle représente une femme, plutôt belle, qui souriait, allongée dans l’herbe. Peterson ne sais pas qu’il ne la reverra jamais. Les vingt hommes sont entassés les un sur les autres, et manquent de tomber a chaque vague qui viens percuter le bateau. Peterson, Elliot, Smith, Miller, Kopietro, Calonzo, Randelman, Johnson, Landreux, Gola, William, Jones, Davies, Moore, Brown, Taylor, Wilson, Peeters, Gagnon et Roy. Vingt hommes appartenant à la « Big Red One », la première divisons de combat américaine. Ils ont pour objectif de prendre la plage, et d’établir une tête de pont qui leur permettra de faire débarquer des renforts. Ils arrivent enfin en vue de leur objectif. Ils regardent les silhouettes grisâtres des bunkers se découper dans le ciel. Heureusement, un bombardement préventif des avions et des navires de guerres allaient rendre l’opération presque trop facile.

Soudain, un sifflement strident se fit entendre. Une gerbe d’eau éclaboussa toute la péniche qui trembla violement. Le soldat Landreux, à la gauche du soldat Elliot se recroquevilla en gémissant. Landreux venait d’une petite ferme de l’Arkansas, fils unique, il s’était engagé pour apporter un soutien financier a sa mère, qui attendait son retour avec impatience, et lui envoyait des lettres de réconfort plus souvent qu’a tout les autres, lui parlant de la ferme et des bêtes, lui annonçant que sa petite sœur allait bien. A présent, il était dans cette péniche inconfortable et qui lui donnait le mal de mer, il aurait souhaité pouvoir rentrer chez lui, retrouver la jolie Lucie, qui était sa fiancée depuis cet hiver. Le Capitaine Roy, situé devant le releva.

-Courage soldat, ce n’est même pas encore commencé !

Les obus de mortiers tombent non loin, retournant des mètres cubes d’eau saumâtre. Les soldats entendent les bruits secs des mitrailleuses, elles devraient normalement avoir étés détruites par le bombardement. Alors qu’ils sont à 50 mètres de la cote, la sinistre vérité se révèle à eux : Le bombardement préliminaire n’a pas eux plus d’effet qu’une grenade lancée sur un destroyer. Les soldats se crispent en entendant les balles rebondir contre le blindage. Les mitrailleuses crépitent :

Tactactac TacTAC TAC TACtactactactac

Soudain, le voyant vert s’allume, et la barge s’ouvre, Les soldats tombent les uns après les autres, Moore, le beau gosse de l’Utah, étudiant en droit a Harvard, tombe, une balle dans la tête. Taylor et William, les deux hommes les plus a l’avant de la barge, reçoivent les bouts de métal dans la poitrine, et tombent en avant a leur tour. William, de Seattle, ne reverra jamais son frère, qui avait été si fier de lui quand il s’était engagé, et qui lui avait promis de l’aider à acheter une voiture à son retour. Shaun Taylor, touche le sable de la joue, et son sang retourne à la mer. Il vient de New York, et depuis son appartement, il aperçoit la statue de la liberté. Il vend les journaux sur Time Square, pour aider ses parents à toucher un peu d’argent. Il a 16 ans, et avait mentis sur son âge pour s’engager. Il avait envoyé toutes ses soldes à sa famille, ne gardant que de quoi acheter un peu de tabac. A présent, son sang tachait ses lettres, qu’il avait conservé sur sa poitrine jusqu’au bout.

Dans un accès de panique, les soldats restant sautèrent par-dessus bord, ils pensaient parcourir les trois mètres les séparant de la plage avec de l’eau jusqu'à la taille, grave erreur, le fond et bien plus profond qu’il ne devrait l’être a cet endroit. La plupart réussissent à gagner la plage sains et sauf, et se cachent derrière les pièges a char qui encombrent le littoral. Les soldats progressent lentement, vers la dune de sable qui les cache des tirs de mitrailleuses. Ils tombent les uns après les autres, fauchés par les tirs secs et crépitant des MG-42. Smith avance. Devant lui, Landreux tombe touché au ventre. Smith le ramasse par la bretelle de son paquetage, et le traine à couvert. Derrière lui, un obus tombe. Il est éjecté en avant et tombe lourdement sur le ventre. Il se relève, indemne. Le soldat Jimmy Parker Landreux ne reverra jamais la petite Lucie, l’obus de mortier lui a arraché les deux jambes à la mi-cuisse, et réduit en bouillie le bas ventre. Il est mort sur le coup.

John Smith abandonna le cadavre de son camarade et couru se mettre à couvert. Il s’allongea le long de la dune, parmi tants d’autres. Il entendit le capitaine hurler des ordres a ses soldats, et secouer un opérateur radio pour qu’il transmette des ordres a l’état major, le porte-radio en question avait répandu ses entrailles sur le sol, et le Capitaine vomi les siennes en le voyant. Les soldats faisaient passer des grenades par-dessus les barbelés, et bientôt, Ils s’engouffrèrent à toute vitesse par le passage ouvert.
Smith regarda son supérieur dans les yeux, l’instant d’après, ce dernier reçu une balle en pleine tête.

Le Capitaine Tomas Edgard Roy était un professeur de lettres, il avait grandi dans la banlieue de Chicago, et il avait fait West Point avant la guerre, par tradition familiale, tout les ainés faisaient l’école militaire. Tomas n’avait pas échappé à la regle. Il avait obtenu le grade de capitaine, et il avait eus l’occasion de tenir une arme et de s’en servir contre d’autres êtres humains pour la première fois de sa vie. Il laissait derrière lui une femme, Sonia, deux enfants, Martin et Frank, une maison dans le banlieue riche de Chicago, un Voiture, achetée 1 an avant la guerre, et un chien, un fidele animal, cadeau d’anniversaire de ses files, un an plus tôt.

Smith ne sentit alors plus rien, plus même le sol. Il s’envola, n’entendant plus qu’un bourdonnement sonore. Il s’effondra sur le sable, et regarda ses pieds. L’obus de mortier qui lui était tombé dessus lui avait arraché le pied droit, et un gros morceau de cuisse gauche. On bras droit avait été entièrement arraché au niveau de l’épaule, et ses boyaux sortaient de sous sa chemise ensanglantée. Il hurla, horrifié. Il ne sentait plus rien, car sa colonne avait été fracassée en maints endroits, il sentait le sang chaud s’écouler de lui. Et il entendait crier autours de lui. La dernière chose qu’il vit, c’était une éclaircie dans le ciel normand, le soleil de la matinée de printemps qu’aurait normalement été le 6 juin 1944 s’il n’y avait pas eu la guerre.


Durant le débarquement du six juin de l’année mille neuf cent quarante quatre, l’opération maritime la plus grande de l’histoire de l’humanité. Plus de milles américains perdirent la vie, et plus de deux milles furent blessés gravement. Si le Bilan précis reste inconnu, on sait que la quasi-totalité des membres de la première vague ne survécurent pas, et qu’ils moururent sur une plage qu’ils ne connaissaient pas, dans un pays dont ils ignoraient tout.
Si cet immense sacrifice, tant en vie humaines qu’en matériel, permit a long terme de libérer l’Europe des nazis, des milliers de familles américaines apprirent par télégramme la mort du mari, du fils, du frère ou du fiancé partit défendre la liberté
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[Admin]Teinne
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